La sportech française Neurathletics fait entrer les neurosciences dans le staff sportif. Issu de cinq ans de recherche au CNRS, son outil de neurofeedback objective enfin la préparation mentale. Une avancée concrète, déjà testée au plus haut niveau.

Une sportech née de cinq ans de recherche au CNRS

Neurathletics ne sort pas de nulle part. La start-up prolonge les travaux de Camille Jeunet-Kelway, chercheuse CNRS à l’Institut de neurosciences cognitives et intégratives d’Aquitaine. Spécialiste reconnue du neurofeedback, elle dirige aussi la plateforme SMART à l’université de Bordeaux.

Cet ancrage scientifique fait la force du projet. Là où beaucoup d’applications de bien-être surfent sur le marketing, cette sportech s’appuie sur une recherche publique solide. Son outil a d’ailleurs déjà accompagné des athlètes vers Paris 2024. Il s’inscrit pleinement dans l’essor des technologies dédiées au sport de haut niveau.

Le neurofeedback, pour rendre l’invisible visible

La préparation mentale reste souvent perçue comme un accompagnement flou et ponctuel. Pourtant, elle représente un levier de performance majeur. Le problème tenait jusqu’ici à un angle mort : impossible de mesurer ce qui se passe dans la tête de l’athlète.

C’est précisément ce verrou que le neurofeedback de Neurathletics fait sauter. Un casque électroencéphalographique enregistre l’activité cérébrale pendant la séance. L’athlète visualise un geste, puis voit en temps réel la réponse de son cerveau. Pour la première fois, la prépa mentale dispose d’un retour aussi précis que la prépa physique.

Deux leviers complémentaires de la performance

L’outil active deux ressorts bien identifiés par les neurosciences. Le premier est l’imagerie motrice. L’athlète répète mentalement un mouvement sans l’exécuter. Cette pratique, validée scientifiquement, améliore la précision du geste et réduit sa variabilité.

Le second levier est la focalisation attentionnelle. Grâce au retour cérébral, le sportif apprend à diriger et maintenir son attention malgré la fatigue ou l’enjeu. Une séance dure environ vingt minutes. Le format reste donc compatible avec un planning d’entraînement chargé.

Un outil pour toute la carrière de l’athlète

L’intérêt de Neurathletics tient à sa polyvalence. En formation, il aide à maximiser l’apprentissage technique et tactique. En phase de performance, il affine le geste et contribue à prévenir le surentraînement. Après une blessure, enfin, il accompagne la récupération motrice et limite le risque de rechute.

Cette transversalité séduit les différents staffs. Les préparateurs mentaux y trouvent un appui pour la gestion de l’anxiété et la confiance. Les staffs techniques l’utilisent pour le perfectionnement du geste. Les médecins du sport, eux, l’intègrent à la réathlétisation.

Sur le terrain, des premiers retours convaincants

Les témoignages recueillis par la start-up sont éloquents. Fred Vergnoux, entraîneur de natation aux multiples titres mondiaux, observe que ses nageurs équipés ont été ses meilleurs performeurs aux championnats du monde. Convaincu, il a même renforcé son staff de préparation mentale.

Le rugby n’est pas en reste. Julien Gaultier, entraîneur de l’équipe championne du monde universitaire, raconte qu’un adversaire lui a demandé le secret de la progression de ses joueuses sur la passe. En médecine du sport, Audrey Lucero rapporte un cas spectaculaire. Une danseuse bloquée après une opération a retrouvé son mouvement grâce au retour temps réel.

Neurathletics illustre une dynamique enthousiasmante. La sportech française mobilise la recherche pour transformer un terrain longtemps empirique en discipline mesurable. L’approche est crédible, portée par des scientifiques et validée par des retours de terrain concrets. La prochaine étape sera d’inscrire ces gains dans la durée, preuves indépendantes à l’appui. Le potentiel, lui, est bien réel.

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