Avec SN@SU, Sorbonne Université lance une plateforme inédite de formation à la santé numérique, accessible à tous. Une initiative prometteuse, portée par France 2030, qui devra tenir le rythme effréné des innovations du secteur.
Répondre à l’urgence de former aux usages du numérique en santé
La transformation numérique bouscule le système de santé et appelle de nouvelles compétences, tant chez les soignants que chez les spécialistes du numérique. C’est dans ce contexte que SN@SU (Santé Numérique à Sorbonne Université), lauréate de l’AMI « Compétences et Métiers d’Avenir » en Santé Numérique lancé par l’ANR dans le cadre de France 2030, structure une offre pédagogique modulaire adossée au référentiel national de compétences.
Un catalogue pédagogique « à la carte »
Inspirée des logiques du e-commerce, la plateforme fonctionne comme un magasin de ressources indexées par compétences, thématiques, métiers et niveaux, que les enseignants assemblent en parcours personnalisés. Au menu : IA, cybersécurité, télésanté, gouvernance des données, systèmes d’information hospitaliers, cadre réglementaire. Modules e-learning, vidéos animées, infographies et interviews d’experts diversifient les formats. Côté pratique, un partenariat avec la FEIMA ancre les travaux dans les usages professionnels réels.
Un premier bilan prometteur, mais un défi dans la durée
Plus de 6 000 étudiants ont bénéficié du dispositif dès 2024-2025, salué au Hacking Health Camp de Strasbourg et présenté aux congrès MEDINFO 2025 et MIE 2026. Un démarrage solide. Reste un écueil à ne pas sous-estimer : dans un domaine où l’IA générative et la réglementation évoluent à marche forcée, la valeur d’une telle plateforme dépendra de la mise à jour continue des contenus. Sans gouvernance éditoriale pérenne, le risque d’obsolescence est réel.
Une brique utile à la maturité numérique du soin
En misant sur la mutualisation, l’innovation pédagogique et une ouverture partielle au grand public, SN@SU pose une pierre essentielle à l’acculturation numérique des acteurs de la santé – patients compris. À charge, maintenant, pour Sorbonne Université de transformer l’essai sur le temps long.


















