Samsung s’associe à Alcedis, un organisme de recherche clinique allemand, pour transformer les données de santé collectées par la Galaxy Watch en preuves exploitables par l’industrie pharmaceutique. Annoncé le 23 juin 2026, ce partenariat vise à faire des wearable-based endpoints (critères cliniques issus des objets connectés) un standard dans les essais cliniques, de la phase exploratoire à la mise sur le marché.
Des capteurs grand public aux preuves cliniques
C’est un pont que beaucoup attendaient. Samsung Electronics et Alcedis, société allemande spécialisée dans les essais cliniques numériques, ont annoncé le 23 juin 2026 un partenariat pour traduire les données collectées par la Galaxy Watch en critères cliniques utilisables par l’industrie pharmaceutique et les organismes de recherche. Le constat de départ est simple : les wearable technologies sont devenues un moyen largement accessible et économique de capter des données de santé en continu, en conditions réelles. Mais la plupart des programmes de recherche peinent à transformer ces signaux en preuves cliniquement significatives. Samsung veut résoudre ce problème en proposant une approche intégrée qui combine ses capteurs (oxymètre de pouls SpO2, ECG, détection de la fibrillation auriculaire, apnée du sommeil) avec une infrastructure réglementaire adaptée.
Des fonctions déjà certifiées dispositif médical
Plusieurs fonctionnalités de la Galaxy Watch sont déjà classées comme Software as Medical Device (SaMD) : la détection de l’apnée du sommeil (OSA), l’électrocardiogramme (ECG) et la détection de la fibrillation auriculaire (AFib). Ces certifications ne sont pas anodines : elles signifient que Samsung peut déjà fournir des données collectées en conditions réelles, avec un niveau de fiabilité compatible avec les exigences des autorités de santé (FDA, CE).
La plateforme de recherche de Samsung permet un déploiement rapide des études, un contrôle fin des capteurs et un accès aux données des participants dans le respect des protocoles établis. De quoi accélérer considérablement la phase de recrutement et de collecte, traditionnellement longue et coûteuse dans les essais cliniques.
Alcedis, le partenaire clinique
Alcedis est un Clinical Research Organization (CRO) numérique basé en Allemagne, spécialisé dans les essais cliniques pilotés par les données. Dans le cadre du partenariat, Alcedis prendra en charge l’exécution des études et l’engagement des participants, pendant que Samsung fournira sa technologie portable et son infrastructure de recherche. Hanno Härtlein, CEO d’Alcedis, souligne : « L’avenir de la recherche clinique dépend de notre capacité à capturer des données de santé significatives au-delà des cadres cliniques traditionnels. »
Un marché en pleine explosion
Le marché des wearables en santé est en croissance exponentielle. Avec 100 millions de montres connectées vendues chaque année dans le monde, les Galaxy Watch représentent un réservoir de données physiologiques sans précédent. Samsung n’en est pas à son premier pas dans la recherche : le constructeur a déjà mené des études sur la prédiction des malaises (fainting prediction) et intégré des fonctions IA dans Samsung Health. Ce partenariat avec Alcedis marque une étape supplémentaire : il ne s’agit plus d’explorer ce que la montre peut mesurer, mais de faire reconnaître ces mesures comme des preuves cliniques valides par les autorités réglementaires.
L’annonce est à consulter sur le site Samsung Newsroom.
Concurrents ou partenaires ? Le paradoxe Samsung-Withings
Samsung n’est pas le seul à vouloir faire de la santé connectée un standard clinique. Withings, le fabricant français de balances et thermomètres connectés, mène une démarche similaire depuis des années : ses produits sont certifiés dispositifs médicaux (CE, FDA), ses données sont utilisées dans des études cliniques et la marque a même développé un programme de partenariats avec des laboratoires pharmaceutiques.
Le paradoxe ? Depuis mai 2026, Samsung propose justement une balance Withings Body Smart (129,95 $) offerte avec l’achat d’une Galaxy Watch. Les deux marques sont donc simultanément concurrentes (la montre Samsung capture des données que la balance Withings complète) et partenaires commerciales. L’offre, valable jusqu’au 19 juillet 2026, illustre une réalité plus ambiguë qu’un simple rapport de force.
Rappelons que Withings s’est déjà vendue une fois. En 2016, la marque française était cédée à Nokia pour 191 millions d’euros, avant d’être rachetée par son fondateur Éric Carreel en 2018 après que Nokia a jugé l’acquisition non stratégique. Un épisode coûteux et douloureux. Avec une valorisation aujourd’hui estimée entre 400 et 600 millions d’euros, une nouvelle acquisition par un grand de la tech n’est pas exclue. Samsung, qui construit patiemment son écosystème santé (Samsung Health, Galaxy Watch, partenariat Alcedis, certifications SaMD), pourrait être un candidat naturel. Si l’offre commerciale croisée de mai 2026 est pour l’instant une simple opération marketing, elle a le mérite de montrer que les deux écosystèmes communiquent déjà. Reste à savoir si ce flirt commercial prélude à des noces plus sérieuses.
L’annonce Samsung-Alcedis est à consulter sur le site Samsung Newsroom. L’offre Samsung × Withings est détaillée sur la page dédiée de Samsung US.




























