La Haute Autorité de santé publie un guide inédit pour aider les patients à utiliser l’intelligence artificielle générative sans risque. Daté du 18 juin 2026, ce document pédagogique intitulé « Intelligence artificielle en santé — Bien l’utiliser et bien se protéger » est le premier du genre en France. Co-construit avec France Assos Santé et la CNIL, il vise à donner aux usagers les clés pour tirer parti de l’IA générative (ChatGPT, Claude, Mistral…) tout en adoptant les bons réflexes : esprit critique, protection des données personnelles et recours systématique à un professionnel de santé.
Un guide inédit pour un usage citoyen de l’IA en santé
La HAS franchit une nouvelle étape dans son accompagnement du numérique en santé. Après avoir publié des repères pour les professionnels en octobre 2025, l’agence s’adresse cette fois directement au grand public. Le constat est simple : les outils d’IA générative (ChatGPT, Claude, Mistral, Gemini…) sont désormais largement accessibles et de plus en plus utilisés pour chercher des informations de santé.
« Si l’IA générative peut constituer un appui utile pour mieux comprendre certaines informations de santé, elle ne garantit pas toujours des réponses fiables », prévient la HAS. L’agence pointe aussi les enjeux de protection des données personnelles, un sujet sur lequel la CNIL, partenaire du projet, apporte son expertise. Le guide se structure autour de trois objectifs : comprendre le fonctionnement de l’IA générative, identifier ses limites, et adopter les bons réflexes.
Esprit critique, données, professionnel : les trois piliers
La HAS synthétise sa recommandation en trois mots d’ordre. D’abord, faire preuve d’esprit critique : ne jamais prendre pour argent comptant une réponse générée par une IA, vérifier les sources, croiser les informations. Ensuite, être vigilant sur ses données personnelles : ne pas partager d’informations médicales identifiantes dans un prompt. Enfin, et surtout, recourir systématiquement à un professionnel de santé pour l’interprétation et la prise de décision.
Aucune réponse générée par une machine ne remplace l’évaluation clinique d’un médecin. Un principe que la HAS défend depuis 2025 : le bon usage de l’IA générative en santé se fait avec le professionnel, pas à sa place.
Pourquoi ce guide arrive au bon moment
Plusieurs études récentes confirment que les patients utilisent massivement l’IA générative pour des questions de santé. Une enquête Wolters Kluwer publiée en juin 2026 révèle que plus de la moitié des patients ont déjà utilisé une IA pour chercher des informations médicales. Un chiffre en forte progression qui rendait urgente la publication de repères officiels.
Le guide arrive aussi dans un contexte réglementaire en pleine évolution. L’IA Act européen, entré en vigueur en 2026, classe les systèmes d’IA utilisés dans le domaine médical comme « à haut risque », soumis à certification et surveillance humaine. Pour les professionnels de santé, ce guide est aussi un outil de travail qui leur permet d’aborder le sujet avec leurs patients sur des bases communes.
Un travail partenarial inédit
L’originalité de la démarche réside dans son co-portage. La HAS a travaillé avec France Assos Santé, la principale association d’usagers du système de santé, pour garantir l’adéquation du guide aux attentes réelles des patients. La CNIL a apporté son expertise sur la protection des données personnelles, un enjeu central alors que 67 % des soignants citent la sécurité des données comme un frein à l’adoption du numérique.
Cette alliance inédite entre une autorité sanitaire, un régulateur des données et des représentants d’usagers pourrait servir de modèle pour d’autres publications futures. Le guide et la FAQ sont disponibles gratuitement sur le site de la HAS.




























