Le remboursement de Wegovy et de Mounjaro, effectif depuis le 15 juin 2026, a ouvert un marché légal étroit. La vente illégale de GLP-1 s’est installée dans l’espace resté libre. Les analyses de l’ANSM montrent que ces produits ne contiennent pas la molécule promise.
En résumé
Les patchs amaigrissants achetés en ligne ne contiennent aucune substance active retrouvée par l’agence sanitaire.
1. Le marché légal est volontairement étroit. Wegovy et Mounjaro sont remboursés à 65 % depuis le 15 juin 2026. La première ordonnance revient à des prescripteurs habilités.
2. Les analyses de l’ANSM n’ont retrouvé aucun sémaglutide dans les patchs prélevés sur ces sites, ni aucune autre substance amaigrissante.
3. Neuf décisions de police sanitaire visent quatre sociétés étrangères. Aucune ne ferme un site internet.
Un marché légal ouvert, et tenu serré
Le 15 juin 2026, l’Assurance maladie a commencé à rembourser deux traitements de l’obésité à hauteur de 65 %. Wegovy, à base de sémaglutide, est commercialisé par Novo Nordisk. Mounjaro, à base de tirzépatide, l’est par Eli Lilly. Les arrêtés du 28 mai 2026 ont fixé le cadre, deux textes du 12 juin l’ont ajusté.
Ce cadre reste étroit. Le remboursement suppose un indice de masse corporelle d’au moins 40, ou d’au moins 35 avec une maladie associée. La première prescription revient aux professionnels des structures spécialisées dans l’obésité. Le médecin traitant peut renouveler, il ne peut pas initier. S’y ajoute un formulaire à remplir sur le téléservice de l’Assurance maladie, puis à remettre au patient.
Le résultat est un accès réel, mais lent, et réservé aux formes sévères. Pour qui veut perdre quelques kilos, rien n’a changé. C’est exactement le public que vise la vente illégale de GLP-1.
Le repère · Qu’est-ce qu’une décision de police sanitaire ?
C’est une mesure administrative prise par l’ANSM. Elle suspend la mise sur le marché, la distribution, l’importation et la publicité d’un produit jugé dangereux. Elle vise des produits identifiés, chez un exploitant identifié.
Elle ne bloque pas un nom de domaine. Elle n’efface pas une page et ne saisit aucun compte bancaire. Quand le vendeur est établi hors de France, sa force pratique tient surtout à ce qu’elle autorise ensuite : la saisie des colis par les douanes.
Ce qu’il faut retenir : l’outil est réel, il agit sur la marchandise plutôt que sur le vendeur. Face à une société immatriculée à l’étranger, la différence est considérable.
Des patchs sans sémaglutide, et des logos officiels détournés
L’ANSM a fait analyser dans ses propres laboratoires des patchs vendus en ligne, présentés comme contenant du sémaglutide. Ni la molécule annoncée ni aucune autre substance amaigrissante n’y a été retrouvée. L’agence prévient tout de même que ces produits peuvent renfermer des principes actifs non déclarés, parfois dangereux.
L’inventaire des formes en dit long sur la nature du commerce. Les décisions publiées visent des solutions buvables, un patch à micro-aiguilles, un anneau nasal amincissant. Aucune de ces formes n’existe dans le monde légal. Les GLP-1 autorisés se présentent en stylos injecteurs, pour voie sous-cutanée.
Le détail le plus parlant se trouve sur les emballages. Certains produits arborent le logo de l’ANSM et celui de l’Agence européenne des médicaments. L’agence française l’écrit sans détour : cette présence renforce le caractère trompeur. Elle a saisi le procureur pour usage frauduleux de son propre logo, dès avril 2025.
Vente illégale de GLP-1 : neuf décisions, dix sites
La chronologie mérite d’être posée. Le 29 octobre 2025, l’agence a pris sept décisions contre les produits de deux sociétés. Hamjouy Limited était visée pour quatre sites, Zongest Limited pour trois. Deux mesures ont suivi en juillet 2026 : Synedica Laboratories le 9, puis la société AZRL Ltd le 16. D’autres sont en cours.
Neuf décisions, donc, pour dix sites marchands repérés. L’écart n’a rien d’anecdotique. Certaines plateformes ont coopéré sans qu’une mesure soit nécessaire. eBay, Cdiscount et Amazon ont retiré les annonces signalées. Les autres vendeurs n’ont pas répondu.
L’agence a aussi saisi le procureur de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Le motif retenu est l’exercice illégal de la pharmacie. Une vingtaine de signalements ont été déposés sur le portail Pharos du ministère de l’Intérieur.
Ce que l’ANSM ne peut pas faire
Regardez les noms des sociétés visées. Limited, Ltd, Laboratories : aucune n’est un exploitant pharmaceutique français. Aucune n’a d’établissement à inspecter sur le territoire. Une décision notifiée à une coquille immatriculée à l’étranger produit un effet juridique, pas un effet opérationnel.
Le mode opératoire des vendeurs tire parti de cette asymétrie. Un site fermé se remonte en quelques heures sous un autre nom de domaine, avec le même catalogue. La formule de l’agence sur les mesures encore en cours dit tout : elle traite les sites un par un, pendant qu’ils se multiplient.
Reste la douane, qui constitue le vrai levier. La saisie du colis à la frontière atteint le commerce là où il vit. L’ANSM le souligne d’ailleurs en présentant ses mesures. Le contentieux administratif, lui, restera largement théorique.
Le seul réflexe qui protège vraiment
Le repère à retenir tient en une phrase, et il dispense de toute vérification technique. En France, seuls les médicaments sans ordonnance se vendent en ligne. Cette vente revient aux seules officines physiques, via leur propre site. Depuis le 30 avril 2026, ces pharmaciens relèvent d’un régime de déclaration préalable auprès de l’agence régionale de santé. Elle dispose de 21 jours pour signaler un dossier incomplet. Le décret du 27 février 2026 a remplacé l’ancienne autorisation.
Les GLP-1 se délivrent sur ordonnance. Toute offre de GLP-1 sur internet est donc illégale par construction, y compris chez une pharmacie autorisée. Le lecteur n’a ni vendeur à évaluer ni logo à chercher : la question ne se pose pas.
L’Ordre national des pharmaciens tient une liste publique des sites déclarés. Elle ne contiendra jamais de GLP-1. Le sujet va continuer d’occuper la santé numérique, puisque les objets connectés commencent à suivre les patients traités par ces molécules. Entre ce suivi documenté et un anneau nasal acheté sur un site domicilié nulle part, l’écart se passe de commentaire.
Questions fréquentes
Peut-on acheter du Wegovy ou du Mounjaro sur internet en France ?
Non. Ces médicaments sont soumis à prescription, et seuls les médicaments sans ordonnance se vendent en ligne. Une pharmacie française autorisée n’a pas le droit de les proposer. Toute offre en ligne de GLP-1 est illégale.
Que contiennent les patchs GLP-1 vendus en ligne ?
Les analyses de l’ANSM n’ont retrouvé aucun sémaglutide dans les patchs prélevés, ni aucune autre substance amaigrissante. L’agence rappelle que ces produits frauduleux peuvent contenir des substances actives non déclarées, dont certaines dangereuses.
Combien de décisions de police sanitaire visent la vente illégale de GLP-1 ?
Neuf au total. Sept datent du 29 octobre 2025 et visent Hamjouy Limited et Zongest Limited. Deux ont suivi en juillet 2026, contre Synedica Laboratories le 9 juillet et AZRL Ltd le 16 juillet. D’autres mesures sont annoncées par l’agence.
Comment savoir si un site de vente de médicaments est légal ?
L’Ordre national des pharmaciens publie la liste des sites autorisés. Un site absent de cette liste est illégal. Depuis le 30 avril 2026, ouvrir un tel site relève d’une déclaration préalable auprès de l’agence régionale de santé.
Les sources
- ANSM, mesures de police sanitaire contre les sites internet vendant des aGLP-1, mis à jour le 22 juillet 2026.
- ANSM, lutte contre la vente et la publicité illégale de médicaments aGLP-1, mis à jour le 18 novembre 2025.
- Décret n° 2026-137 du 27 février 2026 relatif au régime de déclaration préalable du commerce électronique de médicaments.
- Assurance maladie, dispositif d’aide à la prescription des aGLP-1 étendu à Wegovy et Mounjaro, juin 2026.
- Ordre national des pharmaciens, liste des sites de vente en ligne autorisés.






























