Prendre un médicament chaque jour, pendant des années, n’est pas un acte banal. Une étude OpinionWay pour MedInTechs révèle que l’oubli ou l’arrêt d’un traitement ne relève pas d’un refus de se soigner, mais d’une réelle difficulté à concilier santé et quotidien.
Suivre un traitement médical sur le long terme concerne aujourd’hui des millions de Français. Si l’on pense souvent aux seniors, la réalité est plus nuancée : un patient sur huit sous traitement chronique a moins de 35 ans. Pour ces malades, l’enjeu n’est pas seulement technique. Il s’agit d’intégrer une contrainte permanente dans une vie personnelle et professionnelle souvent dense.
Le décrochage, un signal d’épuisement
Selon l’enquête menée auprès de 1 023 personnes, 42 % des patients ont oublié ou interrompu leur prise au cours des douze derniers mois. Ce chiffre cache une lassitude profonde. Parmi ceux ayant déjà « décroché », 68 % se disent fatigués de devoir tenir leur traitement dans la durée.
Le Pr Gérard Friedlander, membre du comité scientifique de MedInTechs, souligne que ce phénomène n’est pas un désengagement volontaire. C’est le signe que le traitement devient trop lourd à porter au quotidien. Cette charge est aussi émotionnelle : 64 % des patients ressentent de la culpabilité ou de l’anxiété après un oubli.
Une autonomie risquée
Face à cette pression, un patient sur deux adapte lui-même ses prises (ajustement de dose, espacement ou pause) sans en informer son médecin ou son pharmacien. Ce besoin de reprendre le contrôle illustre un décalage entre les attentes du système de soins et ce que les patients parviennent réellement à accomplir chaque jour.
L’organisation des journées s’en trouve impactée. Pour 40 % des sondés, le traitement structure fortement leur emploi du temps. Pourtant, malgré cette omniprésence, les outils d’aide à l’observance peinent à s’imposer. Seuls 28 % utilisent un pilulier et à peine 4 % une application de santé dédiée.
L’innovation par la simplicité
Les attentes des patients sont pourtant claires. Ils ne réclament pas plus de technologie, mais plus de simplicité. Pour 67 % des personnes ayant déjà oublié une prise, des traitements plus simples à suivre seraient le levier le plus efficace pour faciliter leur quotidien.
L’innovation en e-santé semble donc devoir pivoter. L’enjeu n’est plus seulement de créer des rappels numériques, mais de concevoir des solutions qui s’intègrent naturellement dans la vie réelle. La technologie doit se mettre au service d’un accompagnement humain plus fluide, plutôt que de se substituer au dialogue avec les soignants.
Ces réflexions seront au cœur du salon MedInTechs 2026, les 9 et 10 mars prochains. Cliniciens et innovateurs y chercheront des réponses concrètes pour transformer le parcours de soins en un soutien durable plutôt qu’en une charge mentale épuisante.
Étude réalisée par OpinionWay pour Medintechs du 9 au 16 janvier 2026.



















